Au quPoissonartier Guet-Ndar, situé dans la Cité historique de Saint-Louis, à 272 kilomètres de Dakar, la pêche est la  principale activité qui donne un sens à l’existence humaine dans ce milieu. Chaque jour, une centaine d’équipages part à la recherche de bacs de poissons en haute mer. Dans cet endroit majoritairement habité par des pêcheurs, les habitants vivent essentiellement de ce que l’océan peut offrir.

Coincé entre la mer et le fleuve Sénégal, Guet-Ndar s’étend sur environ 900 mètres sur la ’langue de barbarie’’, dans la vieille ville de Saint-Louis, située à 260 Km au nord de Dakar. Bordé d’un côté par la rive incertaine du fleuve, de l’autre par l’impressionnant décor que constituent les concessions et d’autres maisons de fortune aménagées occasionnellement par les pêcheurs, cet atypique quartier présente un plan grossièrement orthogonal. A partir du pont Moustapha Malick Gaye, une belle vue panoramique permet d’apercevoir, un quartier populeux, dense et vivant, avec des ruelles si étroites qu’elles sont difficilement décelables sur une  photographie aérienne. Derrière les clôtures de tôles, de bois ou de parpaing, les maisons en dur sont aussi nombreuses que les baraques. Visiblement, toutes les constructions frappent par leur petite taille et entassement dans un espace réduit. Des maisons à étage, des habitations à l’architecture coloniale et les cours des concessions débordent fréquemment  sur la voie publique.

Dans ce vieux quartier des pêcheurs, des milliers de pirogues s’alignent tous les jours sur la plage entre le site de Diamalaye où on débarque la sardine et le cimetière « Thiaka Ndiaye » où l’on découvre des tombes  hérissées de piquets ou de fer, recouvertes de filets de pêche qui, à l’origine, « Etaient l’unique moyen de protéger les sépultures contre les chacals et les chiens errants », se remémore un vieillard  assis sur une natte, égrenant son gros chapelet. Des véhicules de transport commun filent vers le cimetière, transportant des familles qui vont à un enterrement. Sous des minuscules abris couverts de tôles et de roseaux, les cordonniers fabriquent des sandales, des gris-gris et autres amulettes qui « protègent les pêcheurs en haute mer ». En ce mois d’avril, période de nidification, le parc de la langue de Barbarie accueille de nombreux oiseaux migrateurs : les pélicans, les goélands railleurs, les cormorans, les et les hérons y viennent se poser les matinées et les soirées surtout.

De l’avenue Serviatus à la rue Cheikh Ahmadou Bamba dans le quartier Guet-Ndar,  on aperçoit d’un côté, des dizaines de pirogues alignées sur les cotes, prêtes à se lancer  en mer ; et puis de l’autre, des embarcations qui arrivent en groupes par intermittence. A l’intérieur, on peut voir entre autres des bidons, des pelles en bois, des sceaux plastiques, un petit moteur de marque « Yamaha enduro », des filets, des cordes  ainsi que des sacs d’emballages contenant divers produits marins notamment du poisson fraichement capturé. Aussitôt descendus, les pêcheurs sont accueillis par leurs collègues qui se précipitent pour leur venir au secours. Une foule  d’individus pousse l’embarcation, dressée sur des durs cylindres plastiques, mesurant 2 m de long.  « De retour de la mer, les pêcheurs amènent leurs poissons dans les chambres froides dans l’usine de glace pour les conserver. Au bout d’un certain temps, on les sort, puis les emballe dans des cartons et des sachets avant de les mettre sur des conteneurs de 40 pieds en destination de l’Europe pour être vendu », explique un frigoriste aux habits mouillés par des  morceaux de glace que l’on peut voir même sur les cils et les sourcils.

Aux abords de la rue Cheikh Ahmadou Bamba, une vingtaine de camions frigorifiques sont stationnés. Ils attendent d’être remplis de poissons qu’ils doivent acheminer dans les différents points de stocks de la ville. Non loin, des bacs de poissons et des tables servant à exposer les produits halieutiques longent toute la ruelle. Les charretiers, les vendeurs de Café-Touba et les passants se bousculent. Tout le monde est préoccupé. Chacun cherche à se frayer un chemin pour vaquer à ses occupations. Dans le petit marché, les causeries entre amis et les discussions entre vendeurs et acheteurs éclatent partout. Les touristes chinois et européens y débarquent en grand nombre. Apparemment, ils sont fascinés par les objets d’art soigneusement sculptés et achalandés sur le long du littoral.

Alors que certains poissons sont étalés sur les tables, d’autres sont exposés par terre, en tas, dans des conditions de salubrité très déplorables. Partout, une horde de mouches se pose sur les aliments qui dégagent une odeur  désagréable à respirer. « Donne 700 pour les deux », s’écrie un vendeur en train d’imbiber de l’au sur ses poissons peu charnus. A l’entrée du marché, un gros poisson  long d’un mettre, pesant environ 10 kilos, occupe toute la surface du panier dans lequel il est étalé. Il sert de vitrine et attire tous les clients mais personne ne l’achète à cause de son prix jugé « exorbitant », vendu à 25000 par son propriétaire. Chez les pêcheurs, les esprits ne sont pas tranquilles : L’heure est à l’émoi après l’annonce des mauvaises nouvelles météorologiques. Puis, on s’inquiète également du sort de certains de leurs collègues qui ont leurs embarcations arraisonnées par les gardes-côtes mauritaniens à Nouadhibou.

L'affluence des étudiants devant les restaurants de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

L’affluence des étudiants devant les restaurants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Pour bénéficier  des services de restauration, les étudiants au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) forment une queue . De loin, on peut apercevoir ces files d’étudiants longues comme une journée sans pain. Ici, on peut perdre 30 minutes avant d’être servi. Bousculades, bagarres, injures sont les maîtres mots. 

Il est 19 heures. A côté du pavillon A, non loin du terrain de basket, se tient une file indienne. Les étudiants, tickets  et cartes en mains se bousculent dans tous les sens pour avoir accès à la salle à manger. Devant le tableau noir, dressé devant le Resto, nous pouvons lire : menu du jour : «  poisson avec frits ». Un plat très prisé des étudiants, explique Oumar Fall, étudiant en 3ème année à la Faculté des Sciences juridiques et politiques de l’Ucad. A quelques mètres du rang, deux étudiants se battent. Motif, l’un d’entre eux veut  forcer le passage. Il affirme qu’il ne peut respecter la queue. « J’ai faim. Je n’ai rien mangé depuis ce matin », exprime-t-il pour justifier son acte. On le laisse néanmoins partir tout en se moquant de lui.

Les pas rythmés des étudiants, les bousculades, les discussions donnent l’impression d’être au marché. Oumar Diop, de taille moyenne, blouson noir, casquette vissée à l’image des rappeurs, grandes oreilles, est pressé d’être servi. Pour passer du temps, il écoute les informations sur Rfi à l’aide de ses écouteurs branchés aux oreilles.  Sur la longue attente, il déclare : « Nous sommes obligés de faire avec les moyens du bord. Nous sommes nombreux, on doit s’armer de patience pour être servi. La queue, c’est la règle ici au campus, aussi bien pour se rendre aux toilettes que pour accéder aux services de la bibliothèque ». A côté de lui, quelques étudiants n’ont pas le fameux sésame : le ticket. Ils se promènent et demandent le concours de leurs camarades. C’est le cas de Lamine Diallo qui en manque et qui n’a encore moins d’argent. On lui emprunte un pour le dîner de ce soir. Très content, il évoque : « C’est la solidarité entre camarades ».

Devant la porte d’entrée du resto, deux messieurs et une femme vérifient les tickets, scrutent minutieusement les cartes avant de leslaisser passer. Mais ce soir, Ibrahim Baldé n’a pas de chance. Il se présente avec la carte de son camarade. Il ne réussit pas à s’échapper de la vigilance des maîtres des lieux : les contrôleurs. Après une longue explication, il est autorisé tout de même à y accéder. Même scénario pour ces deux autres étudiants maliens arrêtés pour n’avoir pas présenté leur quittance. Après des chaudes discussions, d’un ton ferme, le chef de contrôle déclare : « on vouslaisse exceptionnellement entrer pour ce soir ». Démoralisés, ils prennent place dans la salle à manger.

A l’intérieur,  c’est une autre ambiance. Les bruits des assiettes, la détermination des serveurs, l’impatience des étudiants, l’insuffisance des tables créent parfois des tensions. Ce soir, certains d’entre eux prennent leur repas à même le sol, faute de places. Ils sont contents de remplir leur ventre. Fatou Bah, avec un grand humour affirme : « C’est le meilleur plat des étudiants. Je compte faire un second tour. La nuit est longue ». Après avoir mangé, ils quittent tranquillement le resto.

Manger au restaurant principal de l’Ucad reste difficile. Il demande la patience et une maîtrise des nerfs.

Pratique du sport sur la Corniche Ouest de Dakar.

Pratique du sport sur la Corniche Ouest de Dakar.

Attention aux passants inhabituels ! A défaut de vous habiller en maillots comme eux, en bon sportif, abstenez-vous de porter des vestes en marchant sur la corniche, sous peine d’attirer tous les regards sur vous. De surcroit, la poussière et le sable peuvent se révéler un grand ennemi contre les visiteurs en souliers.  Entre l’hôtel Terrou-Bi et l’Ambassade de la République du Mali au Sénégal, se dresse, sur la corniche Ouest de Dakar, un vaste espace de loisir aménagé  qui borde la mer : terrains de football, gymnastique,  Handball, de petites arènes érigés  çà et là par des jeunes tout au long  des plages …

Tous les jours, l’endroit accueille des centaines de personnes venues d’horizons divers : des femmes aux personnes du troisième âge, en passant par les jeunes, les enfants et les gens obèses, on y rencontre toutes les catégories.

A quelques mètres du rectorat de l’Université Cheikh Anta Diop, à l’angle formé par l’intersection de la corniche et la rue qui mène à la Bibliothèque universitaire(BU), on aperçoit de l’autre côté  de la route, de petits attroupements de jeunes sportifs qui investissent le terrain de gymnastique. Leurs cris laissent retentir un brouhaha que l’on peut entendre de loin. Ici, tout le monde est en action. Pendant que les uns, débout, entrain de faire quelques mouvements de gymnastique allant de la tête aux pieds, les autres sont assis à même le sol et exécutent les instructions données par leur moniteur. Pendant ce temps, certains sont couchés et pratiquent des exercices de musculation.

Derrière les balançoires, les escarpolettes (balancelles) implantées au sol, les jeunes font la queue entre quatre rangées pour passer à tour de rôle. Sur ce matériel sportif semi mécanique et plastique, sont suspendes des pesanteurs  dont le poids varie entre 20 et 70 kilogrammes. Couché, regards tournés vers le ciel, Souleymane Jules DIOP soulève une charge de 50 kilos. Après cinq tours, la fatigue se lit sur son visage. La sueur coule sur tout le corps. Sous l’effet de la charge, on peut voir sur ses biceps tendus, les ligaments qui apparaissent  au niveau des muscles.

« La pratique du sport est l’une de mes tâches quotidiennes que j’ai inscrite, depuis 2002, dans ce que j’appelle ‘’ Mon plan de développement personnel’’. Pendant les jours ouvrables, je pratique le sport tous les soirs aussi régulièrement que mon emploi de temps me le permet. Mais les weekends, je déroge très rarement à cet emploi », déclare d’un ton ferme Khady GUEYE, tenant la main de son enfant, vêtus tous les deux d’une uniforme bleue, sous les couleurs du club anglais de Chelsea. A la démarche vive, cette femme passionnée de sport ne pratique que la marche. Son embonpoint l’empêche de faire la course et les autres exercices difficiles. Le sport, ajoute-t-elle, est le meilleur moyen qui permet à une personne de garder sa forme, de se débarrasser du stress, de la fatigue et d’avoir un bien être physique et moral.

Au fur et à mesure que la soirée tombe, le soleil devient de plus en plus clément. Les étudiants qui sortent des salles de classe et les équipes évoluant dans les différentes associations sportives envahissent la corniche. De la mer vers l’intérieur, souffle un vent de mousson. Des jeunes filles et garçons dispersés sur les plages, appareils numériques en mains, prennent des photos et contemplent, à perte de vue, l’immensité de la mer et le déferlement des vagues sous l’effet des flux et reflux. Pour la plupart de ces jeunes, leur présence  à la corniche se limite à une simple balade ou séance de distraction. Par contre, il y a plusieurs associations sportives professionnelles qui y débarquent de façon régulière. Selon Mandiaye NDOYE, président  des Amis du Parcours Sportif(APS), sa structure offre divers types d’exercices qui sont entre autres : le jogging, les randonnées, les mouvements de gymnastiques etc. « Pour adhérer à notre association, il faudra acheter une carte de membre à 1000FCFA plus une cotisation mensuelle au même prix. Par ailleurs, nous comptons beaucoup sur les sponsors  comme Orange, Tampico, Locasen ainsi que sur d’autres particuliers pour la réalisation de nos projets », poursuit M. NDOYE.

Tout à coup, un tonnerre d’applaudissements s’intensifiant au fur et mesure que l’on s’approche de la corniche : c’est le signal de l’arrivée de l’association sportive du  Parcours sportif Malick DIA (PSMD), créé en 1981. Il regroupe des étudiants, des magistrats, des enseignants, des ménagères, des professionnels, bref des passionnés du sport et même des amateurs. L’association est dirigée par l’infatigable Jean Tré Mbacké GUEYE et compte 535 adhérents. « Les séances d’entraînement se tiennent tous les jours du lundi au dimanche. La première commence en début de semaine à partir de 17 heures jusqu’à 20 heures. Quand à la seconde séance, elle démarre à 20 heures pour prendre fin à 22 heures d’autant plus que la sécurité aussi bien l’éclairage sont assurés par les services de la mairie de Dakar », se réjouit-il, le sifflet au coup. Visiblement motivés, les membres du Parcours Sportif Malick DIA effectuent tous les dimanches une heure de marche, une course de vitesse d’une demi-heure allant du monument de la renaissance à l’Université Cheikh Anta Diop en longeant la corniche. Egalement, ils descendent sur les plages, se tenant deux à deux, encerclant leur maître pour faire quelques exercices physiques  moins pénibles et des courses légères. «  Les modes de vie que nous avons ne nous permettent pas de rester sans faire du sport. La pratique du sport écrase le sucre et les graisses que contient notre organisme. C’est le meilleur moyen de se prémunir contre les maladies diabétiques », soutient en transpirant Sékou SYLLA, membre du Parcours sportif Malick DIA.  En face de l’Ambassade de l’ancien Soudan français, de l’autre côté de la route en avançant vers la mer, se trouve le nouveau terrain de football à quelques pas des lampadaires qui servent d’éclairage pour les jeunes qui y jouent jusqu’à des heures parfois tardives dans la nuit.

A l’instar de ce terrain nouvellement construit, plusieurs infrastructures sportives sont en cours de rénovation sur la corniche par la mairie de Dakar. Cependant, une bonne partie d’entre elles, reste frappée par la vétusté. Aux abords de la route, peut-on lire en gros caractères : « Avec Abdoulaye DIOUF SARR, Dakar sera républicain » et plus loin, « Khalifa SALL pour un nouveau Dakar …. », Tels sont les écriteaux sur les murs des bâtiments qui longent la corniche et qui ne laissent pas indifférents les promeneurs sur cette voie.

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Palais du peuple guinéen, siège du Parlement.

Il a fallu cinq ans pour que la transition politique entamée le 23 décembre 2008 arrive à son terme avec l’élection de 114 députés à l’Assemblée nationale le 28 septembre 2013. Du capitaine Dadis au professeur Alpha Condé en passant par le général Sékouba Konaté, cette période transitoire reste marquée par des soubresauts et des balbutiements  attestant que la démocratie se situe encore, dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest, à un stade crépusculaire. Pour sauver cette transition, la communauté internationale a dû, à plusieurs reprises, intervenir pour arrondir les angles entre les acteurs politiques. A l’intérieur du pays, la mobilisation a été sans faille : la presse publique et privée, les organisations de défense des droits humains et de la société civile se sont impliquées de façon active pour aboutir à une issue heureuse. Quant au peuple de Guinée, il a fait preuve de maturité en se rendant aux urnes, dans le calme. Et avec l’élection de Kory Kondiano ce 13 janvier 2014 à la tête de la nouvelle législature, une page de l’histoire politique de la Guinée se ferme. Le pays signe son retour définitif à l’ordre constitutionnel ouvrant donc une nouvelle ère et des nouveaux espoirs.

C’est le président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Somparé qui, tard dans la nuit du 22 au 23 décembre 2008, annonça la mort du président général Lansana Conté. Après 24 ans de règne sans partage, ce dernier s’en va laissant derrière lui un pays aux infrastructures quasi inexistantes et une population très pauvre. Le lendemain, le 23 décembre, un groupe de militaires s’empare du pouvoir. A sa tête, le capitaine Moussa Dadis Camara, l’homme au tempérament volcanique dont le nom était peu ou pas connu jusque-là. Il est le président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD). Comme dans tous les coups d’État, les premiers actes des auteurs de ce putsch ont consisté d’abord à la suspension de la Constitution et la dissolution du gouvernement. Dans sa première déclaration, le nouvel homme fort a laissé entendre que le pouvoir et l’argent ne l’intéressent pas. Selon lui, sa mission était de « balayer » et partir.

Par ces propos, l’homme a rapidement bénéficié  d’un soutien quasi total de la classe politique. Cependant, la communauté internationale condamne fermement le putsch et interdit à ses auteurs de fouler le territoire occidental notamment dans l’Union européenne (UE). L’Union africaine (UA) embouche la même trompette. Toute coopération avec Conakry est suspendue jusqu’au retour à un ordre constitutionnel. Les militaires s’engagent à l’organisation des élections législatives et présidentielle  libres et transparentes respectivement en octobre et décembre 2009. Des élections auxquelles aucun membre du gouvernement ni du CNDD, à commencer par le chef de la junte, ne prendra part.

Par ailleurs, le capitaine Moussa Dadis Camara à la quête d’une certaine légitimité en vue d’asseoir et de consolider son pouvoir, s’attaque à la lutte contre la corruption et au narcotrafic. Une action fortement saluée et qui lui a valu une certaine notoriété à travers l’adhésion d’une frange partie de la population à ce projet. C’est justement dans cette perspective que les « Dadis Shows » étaient régulièrement diffusés sur les ondes des médias d’Etat notamment à la télévision nationale. De hauts fonctionnaires de l’Etat sont publiquement auditionnés lors de ces « Dadis Shows » et très souvent humiliés. Les cas du PDG russe de l’usine d’alumine de Fria, Pathienko et Eryc Thiam en sont une parfaite illustration. Les diplomates n’échappent non plus. Lors d’une conférence de presse qu’il a convoquée à la Radiotélévision guinéenne pour  évaluer le chronogramme électoral, le chef de la junte s’en prend à l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne en Guinée, Karl Printz pour avoir demandé une précision : « Ce n’est pas vous qui m’avez donné le pouvoir. J’ai beaucoup de respect pour vous et de ce que l’Allemagne m’a légué…vous parlez à un président.C’est une provocation, vous voulez créer des problèmes ! », s’exclame-t-il, visiblement en colère.

A moins de six mois des échéances électorales annoncées en fin 2009, certaines déclarations fracassantes du chef de la junte laissaient perplexes et sceptiques bon nombre d’observateurs. De plus en plus, ses ambitions deviennent ambigües. La question d’une éventuelle candidature du capitaine Dadis alimente les débats. Au même moment, on assiste à la naissance un peu partout dans le pays des « Mouvements Dadis doit rester », mais aussi des « Mouvements Dadis doit partir ». Jusque-là, le partenariat entre  le chef de la junte et les forces vives de la nation (partis politiques, syndicats, société civile…) n’est pas rompu. La déclaration fracassante ayant mis le feu aux poudres a été celle tenue le 5 avril à Boulbinet. Dans cette déclaration, il avait menacé d’ôter son treillis et de se présenter comme candidat en tant que citoyen guinéen au même titre que ses opposants. Dès lors, la rupture est consommée. Les partis politiques regroupés au sein du Forum des forces vives de Guinée adoptent une stratégie consistant à faire appel aux manifestations de rue contre le pouvoir. Raison pour laquelle, les leaders politiques : Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, François Louncény Fall, Jean-Marie Doré, Mouctar Diallo, Bah Oury…avaient fait appel à leurs militants le 28 septembre 2009 dans un grand stade du même nom à Conakry. Les autorités interdisent la manifestation, et le capitaine Dadis en personne appelle le président de l’Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré à la veille de ladite manifestation à 1heure du matin pour tenter de le dissuader. Ce que le leader a refusé.

Le 28 septembre, leurs leaders devant, les militants et sympathisants envahissent le grand stade en scandant des chants du genre vive la liberté et en brandissant des pancartes hostiles au pouvoir militaire. Aux environs de 11 heures, la garde présidentielle composée des bérets rouges conduite par le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité alias Toumba fait irruption dans le stade et ouvre le feu sur les manifestants désarmés. Des femmes sont violées et violentées et les leaders tabassés et blessés. Quant au président de l’UFDG, il avait eu 4 de ses côtes cassées. Voulant se rendre à Dakar pour se soigner, les militaires bloquent son passeport à l’aéroport. Il a fallu l’implication du président Abdoulaye Wade qui a envoyé un vol spécial pour l’évacuation de l’opposant. Sur le bilan de ce lundi noir, les chiffres sont contradictoires : la commission nationale d’enquête « indépendante » fait état de  63 morts et de 1 480 blessés alors que les organisations de défense de droits de l’homme parlent elles de plus de 150 morts. Au lendemain de ces événements horribles ayant fait le tour du monde, le capitaine Dadis psychologiquement touché a nié toute responsabilité pénale sur ces massacres tout en incriminant les organisateurs de la marche.

Le 3 décembre 2008 alors qu’il s’était rendu au camp Koundara pour régler un contentieux militaromilitaire, le chef de la junte va recevoir une balle à la tête, tirée par son aide de camp, Toumba Diakité après une altercation survenue entre les deux. Toumba Diakité accuse son patron, le capitaine Dadis de vouloir lui faire porter l’entière responsabilité des massacres du 28 septembre en lui demandant d’aller se présenter devant la commission des enquêteurs de l’ONU. A près ces événements, le chef de la junte est urgemment évacué au Maroc pour des soins médicaux. En mission au Liban, le ministre de la Défense nationale, le général Sékouba Konaté rentre précipitamment à Conakry pour prendre les commandes du pays. Et le 15 janvier 2010, furent signés dans la capitale du Faso, les fameux « accords de Ouaga » entre le président Dadis visiblement affaibli, et le  général Sékouba Konaté. Ces accords feront de ce dernier, le président par intérim. Il sera chargé de la conduite de la transition dans une période de six mois. Dans son discours du 6 janvier, il avait appelé tous les leaders exilés pour des raisons de sécurité à rentrer au pays. Le 19 janvier, Jean-Marie Doré, président de l’Union pour le progrès de la Guinée(UPG) et porte-parole des Forces vives est nommé premier ministre, chef du gouvernement de la transition. Toutefois, M. Doré va préciser que son équipe n’est pas un gouvernement de développement, sa mission essentielle sera l’organisation des élections. Un Conseil national de Transition (CNT) sera mis aussi en place avec pour missions : le toilettage de la Constitution, la rédaction d’un nouveau code électoral et l’adoption des lois ordinaires, faisant donc office d’organe législatif provisoire.

A la fin du mois de mai 2010, une campagne électorale d’un mois a été décrétée. Celle-ci a été émaillée de violences par endroits. Le 27 juin 2010, au total4,2 millions d’électeurs sont convoqués aux urnes pour choisir leur président de la République entre 24 candidats, dont une femme. Une caution de 400 millions de GNF avait été fixée pour chaque candidat. A l’issue des résultats définitifs du premier tour proclamés par la Cour Suprême, aucun candidat n’a obtenu la majorité absolue. Par conséquent, les deux premiers à savoir Mamadou Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé ayant recueilli respectivement 43,72 % contre 18 % sont admis pour le second tour devant se tenir en principes 18 jours après la publication des résultats définitifs par la Cour suprême. Mais entre le premier et le second tour, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Ben Sekou Sylla décède à Paris à quelques jours seulement du second tour. Son vice-président Louncény Camara prend la tête de l’institution. Très rapidement, il a été contesté par l’Alliance Cellou Dalein président qui l’accuse d’être partial et proche du candidat du RPG, Alpha Condé. Ce qui plonge la Céni dans une cacophonie totale et le pays dans une impasse. Il a fallu l’implication de la communauté internationale particulièrement l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et le Qai d’Orsay (Bernard Kouchner) pour décrisper la situation. C’est pourquoi, le 19 septembre 2010, l’expert malien des questions électorales, le général Siaka Sangaré est nommé président de la Céni.

C’est donc après 4 longs mois entre le premier et le second tour, mais aussi une campagne électorale sur fond de tensions ethniques entre Peuls et Malinkés que les Guinéens se sont finalement rendus aux urnes pour départager les deux candidats. Les résultats donnent Alpha Condé vainqueur avec 52,52 % contre 48,48% pour le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée(UFDG). Ce dernier  accepte les résultats et appelle ses militants au calme. Le 21 décembre 2010, Alpha Condé officiellement proclamé vainqueur par le président de la Cour suprême le 2 décembre est investi au palais du peuple en présence de plusieurs chefs d’Etat.

S’agissant des élections législatives, celles-ci devraient avoir lieu six mois près la tenue de la présidentielle. Mais le recrutement sans appel d’offres international de l’opérateur technique sud-africain Waymark et la volonté de la céni d’exclure les Guinéens de l’extérieur à ce scrutin ont créé un débat inutile pendant près d’un an plongeant le pays dans un blocage inédit. Le général Siaka Sangaré parti après l’élection présidentielle, le contesté Louncény Camara reprend la tête de la Céni. Avec la fameuse attaque du domicile privé du chef de l’Etat dans la nuit du 19 juillet, le pays plonge dans une autre crise. En dépit de l’absence de concertation et de confiance entre les acteurs de la transition, la Céni de Louncény se permet  d’élaborer des chronogrammes fantaisistes et non tenables. De ce fait, l’opposition renoue aux manifestations de rue pour exiger le départ de Louncény Camara et de Waymark.Ces manifestations sont très souvent soldées par des pertes en vies humaines, des dégâts matériels importants ainsi que des scènes de pillages dans certains quartiers de la capitale. Le mercredi  5 septembre 2012, Louncény jette l’éponge. Au sortir d’une audience que le président Alpha Condé lui a accordée, celui qui disait que le mot démission n’existait pas dans son vocabulaire démissionne : un petit pas semble franchi.  Le jeudi 1er novembre 2012, Louncény est remplacé par Bakary Fofana issu de la société civile. Comme son prédécesseur, il est accusé d’avoir des accointances avec le pouvoir d’Alpha Condé.

Face à l’indifférence du pouvoir vis-à-vis des manifestations de rue récurrentes, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Afrique de l’Ouest, M. Saïd Djinnit arrive à Conakry le 15 mai 2013 pour relancer le dialogue interguinéen. Au terme de ces pourparlers, un accord politique a été signé le 3 juillet 2013 par les représentants de la mouvance présidentielle et de l’opposition. Il met fin aux violences et ouvre la voie au scrutin. Les législatives se déroulent finalement le 28 septembre 2013, date à laquelle, les Guinéens ont, après plusieurs reports élu leurs députés. Les résultats définitifs donnèrent au RPG-Arc-en-ciel et ses alliés, une majorité simple au Parlement. Quant au principal parti de l’opposition, il a eu 37 députés élus. L’autre fait marquant de ces élections aura été la perte par le parti au pouvoir de toutes les circonscriptions électorales de la capitale à l’Uninominal; une première dans l’histoire du pays. Les dernières législatives dans ce pays remontent en juin 2002.

Convoqué par décret présidentiel, la première session parlementaire inaugurale tenue ce lundi 13 janvier est censée mettre un terme au cycle de violences que le pays a connu durant cette dernière décennie. Après que ces députés sont installés, l’heure ne doit plus être aux calculs politiques et aux stratégies divisionnistes et va-t-en-guerre, mais plutôt à la réconciliation et au travail. 

Le président Macky Sall à l'acceuil des Sénégalais, Guinées et Maliens rapatriés de la RCA, lors de leur descente à l'Aéroport Léopold Sédar Sénghor

Le président Macky Sall à l’acceuil des Sénégalais, Guinéens et Maliens rapatriés de la RCA, lors de leur descente d’Avion à l’Aéroport Léopold Sédar Sénghor

Bravo le Sénégal !!! On te dit merci. La diplomatie sénégalaise vient de prouver, une fois encore à la face du monde, sa maturité. Elle est venue à la rescousse de 20 Guinéens vivant en Centrafrique. Alors que les violences interconfessionnelles continuent à faire rage à Bangui, la capitale centrafricaine, le Sénégal a effectué le rapatriement de certains de ses ressortissants résident dans ce pays mais aussi celui de 20 Guinéens et 10 Maliens.
C’est à 11 h 55 minutes que le second et dernier vol des Sénégalais rapatriés de la République Centrafricaine (RCA)est arrivé à Dakar ce vendredi janvier 2014. Immatriculé A 330 CSTV, d’une compagnie portugaise, l’Airbus avait à son bord 357 personnes dont 20 Guinéens et 10 Maliens. Pour l’essentiel, ce sont des femmes et des enfants.
S’agissant des étrangers, les autorités sénégalaises affirment avoir pris toutes les dispositions nécessaires afin d’assurer le retour effectif de ces personnes dans leurs territoires d’origine respectifs. Pour cela, le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur entend entrer en contact avec les ambassades des ressortissants de ces pays au Sénégal (Guinée et Mali). L’État du Sénégal s’engage également à tout mettre en œuvre pour aider les citoyens de ces deux pays voisins à rentrer chez eux sans grosses difficultés.
Ainsi, ces 20 Guinéens viennent donc de bénéficier de ce que le président Macky SALL appelle la « La diplomatie à bon voisinage ». Grâce à cette politique diplomatique sénégalaise, ces Guinéens ont été épargnés des violences qui secouent la Centrafrique où,  jusqu’à ce jeudi, ils côtoyaient tous les jours, le danger sous leur regard impuissant, sans la moindre assistance de leur pays.
Face à l’inaction où l’indifférence du Département chargé des Guinéens de l’étranger, lorsque des compatriotes ont leur vie en danger ou quand se trouvent-ils dans le besoin d’être aidés, on peut s’interroger sur le sens et l’existence de ce ministère. Va-t-on toujours continuer à allouer des budgets plus où moins faramineux à ce département, pour qui ? Pour servir à quoi ? N’est-ce le temps de mettre fin au silence « coupable » et aux réactions tardives ? Les Guinéens de l’extérieur n’ont pas les même droits et devoirs que ceux de l’intérieur ?
Mais j’imagine que la tache ne sera pas facile. Il serait utopique d’espérer pouvoir assurer la sécurité d’un compatriote se trouvant à Luanda lorsqu’on a du mal à freiner le phénomène de l’insécurité grandissante et terrifiante à Conakry. Toutefois, il est regrettable de voir des Guinéens chaque fois mourir comme des mouches pulvérisés aux insecticides dans les pays étrangers. Au mois de novembre dernier, on dénombrait 69 prisonniers guinéens dans les camps de détention en Angola notamment à Trinta. Le cas de Moussa Mara, journaliste culturel à la Radiotélévision guinéenne en est un parfaite illustration. Moussa Mara est décédé à la Havane parce qu’il a été abandonné. Ils sont de nombreux Guinéens à croupir dans les prisons angolaises et maltraités dans d’autres pays.
Cet acte de l’État du Sénégal qui a consisté à rapatrier des ressortissants guinéens est une véritable leçon envoyée aux autres dirigeants africains qui ne cessent de crier sur tous les toits à l’unité et à l’intégration du africaines. On ne peut pas donc ne pas saluer et féliciter un tel acte, hautement humaniste et appréciable qui renforce davantage cette image ou de vitrine d’un Sénégal attaché aux valeurs démocratiques et traditionnelles africaines notamment l’unité, la solidarité et la fraternité. Maintenant que 20 Guinéens ont pu quitté la RCA, et donc sauvés grâce au président Macky SALL, la question que l’on se pose maintenant est celle de savoir: Que vont devenir les autres compatriotes restés dans ce pays?

Le Centre des œuvres universitaire de Dakar(COUD) a lancé une opération de démolition de vieux pavillons du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ils sont au nombre de 6 ces pavillons et ayant une capacité d’accueil de 1 600 lits. En dépit de la crise de logements que connaissent les étudiants, ces derniers adhèrent tout de même à la décision du COUD. Cette démolition fait suite à un rapport de la protection civile qui date de 2010, faisant état de la nécessité de réhabiliter ces pavillons pré-fabriqués pour ne pas mettre en danger la sécurité des étudiants.

Audio: Reportage dans le campus social de l’Université de Dakar sur les vieux pavillons en cours de demolition.

Inauguré en 1972, le forage de Niassanté est le moteur qui fait tourner la vie de ce village, situé dans la communauté rurale de Mbane, relevant du département de Dagana. Pour le mois  de novembre 2013, l’Association des Usagers du Forage de Niassanté a engrangé 1million Cinq cent mille FCFA de recettes. Tous les jours, des centaines de personnes munies de leurs bidons et chambres à air convergent  vers ce lieu à la quête d’eau. Les habitants les plus proches de ce point d’eau, sont situés à 4 kilomètres.

forage de niassanté

La poussière est évidente. L’endroit est peu recommandable aux visiteurs qui portent des souliers. Les arbres sont quasiment dépourvus de leurs feuilles. Les pistes sont longées d’herbe, donnant un joli paysage à contempler : C’est l’entrée village de Niassanté. Composé de 32 hameaux, cette localité est située à 20 kilomètres de la communauté rurale de Mbane. Il est 13 heures, le soleil au zénith. La clémence de la nature décroit. Sans être interceptés par des feuillages, les rayons solaires frappent à pleins fouets le village. Essentiellement composés d’éleveurs peulhs, les habitants dans leur quasi totalité se ruent vers le forage, territoire de prédilection de ces populations et de leurs bêtes.

Au fur et à mesure que l’on s’approche de ce grand lieu de convergence, l’ambiance devient de plus en plus vive et festive. A une vingtaine de mètres, on aperçoit des hangars  servant de lieu d’habitations et de surveillance érigés çà et là aux alentours dudit forage.  Traditionnellement vêtues, les femmes vous accueillent par des sourires mesurés ainsi qu’avec des regards hésitants. Derrière elles, des enfants en mouvement.  A l’image de leurs pères, ils sont habillés à l’africaine. Alors que certains vieux sont en grands boubous, les enfants  ont les têtes coiffées de turbans noirs avec des pantalons bouffants qui leurs arrivent jusqu’à la plante du pied. Des centaines de charrettes conduites pour l’essentiel par des ânes sur lesquelles sont montés des femmes et des enfants, parfois de moins de 10 ans, entourent le forage à la quête d’eau. Les bidons de 20 litres se comptent par centaines. A cela s’y ajoutent des chambres à air qui attendent d’être remplies d’eau dont les propriétaires,  en queue, s’impatientent sous le soleil visiblement exténués.

Dans ces conditions, avoir une goutte d’eau demeure un véritable parcours de combattant.  Il faudra faire montre de dynamisme et de prestesse. Entre 11h et 13 heures, c’est impressionnant le nombre de bêtes qui y viennent s’abreuver. Le meuglement des bœufs joint au bruit sans arrêt émis par le moteur du forage donnent un tapage sans précédent étrangement vécu par les visiteurs. Sous l’effet du vent, le mouvement des vaches dégage une poussière qui surplombe tout le monde. Sous le forage, des hommes tirent des raccords qu’ils font monter et descendre de façon permanente. Ici, les hommes aussi bien les bêtes, on patauge dans la boue teintée d’ordures et de saletés diverses.

En raison, du manque criard de point d’eau dans le village et les hameaux environnants, les populations marchent des kilomètres (4 à 9 kilomètres) avant de rallier ce lieu pour avoir une goutte d’eau pour leur bétail, d’après les témoignages de certaines personnes rencontrées sur les lieux . Toutefois, cette  eau, légèrement salée, n’est pas très propre pour la consommation. Elle est principalement utilisée pour la vaisselle et l’abreuvage du bétail. L’association des usagers du forage  de Niassanté lance un appel à l’endroit des autorités afin qu’elles leur viennent en aide en  vue d’atténuer les difficultés liées à l’accès à l’eau, denrée indispensable à la vie.

Depuis un certain temps, la consommation du café touba connait une avancée particulièrement fulgurante dans les habitudes alimentaires des Sénégalais. Denrée très prisée sur le marché local, le café touba se vend un peu partout à Dakar. Toutefois, on ne saurait comprendre la forte demande sociale de ce produit si l’on ne remonte pas son histoire, inséparablement liée à la cité religieuse de Touba et de son fondateur, Cheikh Ahmadou Bamba à qui on doit au jour d’hui, en partie, le succès de cette boisson.

Un vendeur de café avec son fourneau ambulant d'une capacité de 8 litres.

Un vendeur de café avec son fourneau ambulant d’une capacité de 8 litres.

A cheval entre l’hôpital national de Fann et l’entrée principale de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar(UCAD), se trouve aménagée une petite place: Alpha est le nom de son propriétaire. Ce lieu sert de vente au café touba. Arrêté à côté de son fourneau ambulant avec une cafetière, chapelet au cou, ce vendeur n’est pas avare en sourire. De loin, on peut apercevoir son visage à la mine sympathique esquissant de larges sourires. Avant tout, il s’occupe de ses clients. Visiblement, tout se passe bien.

Une activité génératrice de revenu

A l’instar de ce vendeur, ils sont de nombreux jeunes, sur les artères de Dakar, qui s’adonnent à la vente du café touba. Pour Alpha, cette activité est un business à la portée de tous auquel il trouve son compte. C’est pour lui, un véritable gagne pain: « . Avec mon activité, j’arrive à subvenir à mes besoins et, pour moi, c’est ce qui est essentiel« , déclare-t-il.

Une denrée aux vertus sacro-saintes

Nommé d’après la ville sainte de Touba, située  au Centre du pays à 194 km de Dakar, le café touba  traditionnellement consommé au sein de la confrérie des mourides, ramené par son fondateur, Cheikh Ahmadou Bamba de son retour d’exil du Gabon, il a d’abord été consommé sous la terminologue de café saff. C’est en particulier à l’occasion des cérémonies de commémoration, des manifestations religieuses comme le grand  Magal qu’il était servi. C’est donc d’abord la famille mouride qui a consacré cette  appellation « Café touba« avant sa propagation dans tout le pays et hors des frontières sénégalaises.

Composition

Le breuvage tant sollicité par les Sénégalais est composé principalement du café aromatisé au poivre de Guinée(8O%) provenant essentiellement de la Côte d’Ivoire et le « Jar« (20%) qui est une épice tirée du fruit séché du Xylopia Aethiopica qu’on trouve en Casamance et en Guinée voisine. En tout cas, si vous êtes de passage dans ce pays, vous allez « forcément » y goûter. A l’UCAD par exemple, pour mieux apprendre leurs leçons, les étudiants font recours au café touba dont le fondateur du mouridisme avait déjà loué tous les mérites. Pour d’autres, le café est devenu une sorte de « drogue » autorisée sans la quelle ils peuvent pas faire grand-chose. Laquelle « drogue« , ils ne peuvent plus s’en passer.

 

 

 

 

Il est 20 heures à Soumbédioune  sur l’autoroute de la corniche ouest de Dakar. De la mer vers l’intérieur, souffle un vent de mousson. Visiblement, les appels des muezzins et les chants religieux qui retentissent çà et là dans les mosquées ne dérangent personne. Ce tintamarre fait partie du vécu quotidien des Sénégalais. Tout le monde vaque à ses occupations.

Un restaurant devant une boutique(image d'archives).

Un restaurant devant une boutique (image d’archives).

A une dizaine de mètres, aux abords de la route, l’on aperçoit à gauche, une boutique à côté de laquelle se trouve un p’tit restaurant surmonté d’une base plastique transparente. A l’intérieur, une famille d’origine guinéenne qui y est installée depuis des décennies. Elle  gère le restaurant et la boutique qui sont bien achalandés. On peut y trouver des produits d’alimentation générale et autres articles de commerce.

Assise sur une chaise en plastique, télécommande en main, Mariama Diallo et ses amis regardent la télé. Ici, les programmes suivis dans son p’tit écran sont très sélectifs : ce sont les chaînes privées guinéennes d’abord, puis la RTG (la télévision d’Etat) et, enfin, les autres chaînes sénégalaises et le reste du monde. D’ailleurs, il arrive très souvent que des petites altercations éclatent entre la gérante et les clients venus se restaurer à cause du choix des programmes qui est « imposé » à ces derniers par la maîtresse de la télécommande.

Ces programmes guinéo-guinéens qui  sont privilégiés dans la famille Diallo conduisent la plupart des clients à acheter et s’en aller. Pour cette commerçante d’origine guinéenne, peu importe. Pour elle, l’essentiel, c’est de vivre les réalités de son pays en dépit de la distance géographique qui la  sépare du bercail.

Mais avec les technologies de l’information et de la communication(TIC) qui ont considérablement réduit cette distance et rendu possible l’interconnexion planétaire, Mariama se sent heureuse. Nostalgique ? Oui, elle éprouve une certaine nostalgie loin de son pays. Patriote ? Je n’en sais pas trop. Ce qui est sûr, c’est que bien que cette famille intègre et partage la culture de son pays d’accueil, le Sénégal, elle reste tout de même jalousement attachée aux valeurs culturelles de son pays d’origine. Raison pour laquelle dans cette famille, la langue poular est plus parlée que le wolof et ce, avec beaucoup plus de plats guinéens que sénégalais.

A cela il faut ajouter, les différents sons et clips contenus dans leurs téléphones portables et qui sont pour l’essentiel des productions guinéennes. Comme beaucoup d’expatriés guinéens, la situation sociopolitique de la Guinée n’enchante pas cette p’tite famille. Il vous suffit simplement de prendre langue avec elle pour s’en rendre compte.  Elle n’apprécie pas du tout le retard économique de la Guinée avec ses multiples crises politiques qui ont ponctué et assombri l’histoire politique de ce pays pourtant réputé être un « Scandale géologique ». Cependant, comme le dit l’adage je cite : « A défaut de ce qu’on aime, on se contente de ce qu’on a ».

Pour mieux résumer ce sentiment de patriotisme, d’amour pour la nation de la plupart des Guinéens résidant hors des frontières de leur pays, l’universitaire sénégalais d’origine guinéenne, Boubacar Barry, pur produit de l’université de Dakar raconte : « J’ai passé deux fois plus de temps au Sénégal qu’en Guinée, mais la racine, le fondement, c’est la Guinée. » Et, « J’ai l’habitude de dire que je passe la journée avec le Sénégal et la nuit avec la Guinée. », disait-il.

Le Premier ministre du Sénégal, Mme Aminata TOURE a présidé ce mercredi 6 novembre, au siège de l’association des écrivains sénégalais (AES), à Keur Birago, à l’ouverture des travaux de la journée internationale de l’écrivain africain. Placée sous le haut patronage  du président de la République, Macky SALL, cette 21ème édition a été célébrée sous le

De gauche à Droite(Cheikh H.KANE et Mme le Premier ministre, Aminata Toure) lors de la journée internationale de l'écrivain africain à Dakar.

De gauche à Droite(Cheikh H.KANE et Mme le Premier ministre, Aminata Toure) lors de la journée internationale de l’écrivain africain à Dakar.

thème : « Littérature et droits de l’homme ».

C’est dans une ambiance rythmée par le  tintamarre  d’une sonorité musicale de l’hymne national du manding ainsi que devant un parterre de d’écrivains, de journalistes, bref d’acteurs culturels que les travaux de cette journée dédiée à l’africain africain ont été lancés. Pour cette 21ème édition, un vibrant hommage a été rendu au doyen Cheikh H.KANE, auteur de « L’Aventure ambiguë »

« Au aujourd’hui  l’Afrique littéraire fête un de ses prestigieux fils. Je vais nommer Cheikh H. KANE, homme d’Etat et écrivain qui, par ses ouvres, a rappelé à toutes les générations ambiguïté du dialogue des cultures voire le choc des civilisations, du métissage des cultures », a déclaré Mme Aminata TOURE, chef du gouvernement.

Pour sa part, Cheikh H. KANE, dans on intervention  a tenu à rappeler que l’Afrique est le continent de l’oralité et que, dit-il, n’eut été les écrivains, le contenu et la qualité de nos cultures auraient été ignorés. Par ailleurs, Mme le Pm a réitéré son engagement pour œuvrer en faveur de l’application de la loi sur les droits d’auteurs et l’élaboration du statut de l’artiste tant attendu.

« Le président de la République s’engage à prendre toutes les dispositions idoines  pour rendre opérationnel le fond d’aide à l’édition. » Cette 21ème édition de la Journée Internationale de l’Ecrivain Africain (J .I.E.A) a regroupé des poètes, romanciers, éditeurs, dramaturges et essayistes venus de divers horizons notamment d’Afrique et de sa diaspora.